Cannes en négatif

Premier jour du festival de Cannes ! Ce blog suit vraiment l’actualité, n’est-ce pas? 😉

En feuilletant le magazine Illimité UGC, celui que l’on trouve gratuitement dans les cinés, je suis tombée sur une petite perle, un article sur le festival de Cannes, nommé « Cannes vu à la tv« . J’ai apprécié le ton de l’auteur et  son regard très cynique sur le festival. Personnellement, cette ambiance faite de noeuds papillon, de mer turquoise et de glamour m’a toujours fait l’effet d’une petite friandise sucrée avant l’été, un avant-goût de vacances.

Toutefois, cela fait du bien de lire un texte un peu plus critique sur le festival ! Voici l’article (au péril de ma vie, je n’ai pas le droit de recopier cet article), bonne lecture…et bonne toile !

19527a318fb707f96eedc9f59957d5bc

Dessin rigolo de l’illustrateur Jean Bellus (1911-1967)

« Mais ici les gens sont sont à ce point blasés qu’on ne la remarque même pas » 

Cannes vu à la tv 

A force de suivre un Festival en duplex, surmédiatisé, théâtralisé, livetweeté, on a l’impression de voir flou: c’est quoi finalement Cannes? C’est qui ? On y fait quoi ? Ca existe vraiment ?

par Alex Vandevorst

Il y’a un petit bout de Cannes qu’on a tous en tête. Une image vue par tout citoyen français au moins une fois dans sa vie, une sorte d’instantané du Festival. C’est un plan panoramique aérien, balayant la façade du Martinez pour fondre en piqué sur les Ray-Ban de Michel Denisot. Ou de Philippe Gildas, mais, là, on vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Cannes, c’est ça: l’imagerie Canal +, la silhouette de PPDA se découpant sur l’azur, sa moumoute légèrement soulevée par le mistral. C’est aussi David Pujadas, massacrant les titres des films portugais en direct des studios. Ou encore Pierre Zéni, planté devant les marches rougeoyantes, en smoking pour faire style.

Pourquoi se souvient-on de ces tableaux-là? Sûrement parce que le patron, Gilles Jacob, rameute plus de journalistes sur la Croisette qu’il n’y en a aux JO, histoire de nous rincer de belles images de palmiers. Il faut croire que c’est un événement important dans nos vies. Un avant-goût de l’été sans doute, une manière de nous dire que les vacances arrivent bientôt. A nous aussi la volupté en PACA. Ou alors, c’est juste que la France, pays de Méliès et des frères Lumière, tient à plonger son peuple dans le grand bain du cinéma. Tiens, le cinéma: qu’est ce qu’on en voit depuis Le Grand Journal ou 50mn inside? On chope quelques titres, on guette les frou-frous Versace d’Angelina Jolie, ou plutôt les foules de badauds en train de sniper les frou-frous en question. Ce sont eux, les vrais héros de Cannes, ces quidams agglutinés, comme des morses dans un parc aquatique (Spring break forever, bitches!) et perchés sur des escabeaux pour apercevoir un bout de noeud pap’ de Jean Dujardin.

Tout ce tintouin pour nous dire combien c’est the place to be et qu’on devrait déjà y être. Le défilé de marques, les plages à sponsors, les fêtes sur yachts: tout ça fonctionne comme des stimuli clignotants, faits pour nous narguer bien gentiment à travers l’écran de télé – même sur un LCD 90 pouces, on n’oubliera pas qu’on est toujours dans notre salon et pas sur la terrasse du Majestic. Alors, quoi, qu’est-ce qu’on y gagne de « la grand-messe cinéphile internationale », nous, Français moyens? Une douce musique baroque, entendue par bribes ici et là: Reygadas, Carax, Weerasethakul, Ceylan, Haneke, Wakamatsu et Kashyap. Les noms se tordent et se carambolent dans les colonnes de Libé. Apparemment, les films existent, donc, et des types endimanchés font la queue pour les voir. Pourtant pas l’ombre d’un Weerasethakul chez Denisot, pas le poil de barbe d’un Haneke dans les fiches people de Yann Barthès. Ah si, quand Lars Von Trier cause Troisième Reich entre deux pince-fesses, il a son quart d’heure warholien au Zapping et Claire Chazal fait les gros yeux. A Cannes, faut-il être suspecté de nazisme patenté pour exister comme cinéaste ? En tout cas, pour entendre parler des cinéastes plus discrets, il faudra attendre les sorties de leurs films dans un cinéma près de chez nous.

Mais n’allons pas nous plaindre, nous, les cinéphiles relous. Avec tous les médias dépêchés sur place, rappelons-nous que des gens travaillent dur pour assouvir notre soif de cinéma. Les boules, de voir Only God Forgives après la bataille? Pas grave, Mouloud Achour va le voir pour nous. Puis il chantera « Nightcall » dans la limo de Ryan Gosling. Que demander de plus? Si on n’est pas contents, on n’a qu’à aller au Festival en personne. Ah mais oui, c’est vrai: à Cannes, les séances sont réservées aux professionnels. Tant pis. On s’achètera un cornet yaourt et on ira mater le du Grand Journal.

Article tiré du (très réussi) ILLIMITE n°222 – Mai 2013 – UGC

Suivez moi sur : fessebouquetouiteure 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :